Bio-Blog, chroniques de deux consommatrices repenties

Ecologie. Bio. Simplicité volontaire. Végétarisme. Portage. Education sans violence. Hygiène naturelle. Instruction en Famille....

vendredi 27 juin 2008

Préparons l'hiver

Mes passages sur le blog sont de plus en plus rares et de plus en plus brefs... C'est certes, en partie dû à l'ambiance délétère qui a régné ici ces derniers temps dans les commentaires et qui me faisait véritablement appréhender ce que j'allais y lire.... mais c'est aussi dû à la saison ! C'est le moment où jamais de jardiner pour préparer l'hiver et j'y passe de longues heures que je ne peux donc pas passer devant l'ordinateur. (Là, il fait trop chaud, pourtant, il me reste plein de choses à faire, comme toujours au jardin)
Je ne m'adresse pas ici aux jardiniers convaincus et semis-professionnels mais aux débutants qui ne savent pas trop par quel bout on tient une fourche... et je vous le dis, chers amis, rien de tel qu'un poireau du jardin !
Ils ont un goût incomparable, qui vous met du baume au coeur pour toute la journée. Pour toute la saison, même, car rien de tel que de regarder pousser des légumes.

Si vous voulez vous lancer, donc, voici mes conseils, un peu tardifs, mais comme chacun sait, mieux vaut tard que jamais.
Donc, plantez du poireau !
Vous avez encore un bon mois devant vous pour le faire, sachant que plus vous les planterez tard, plus vous les récolterez tard, ça va de soi... On trouve les poireaux généralement vendus par bottes de cinquante ce qui est plus qu'assez pour un début. (ils sont moins cher au marché que dans les jardineries... souvent). Dans un coin de terre à peu près remué, débarrassé de ses mauvaises herbes, vous creusez un ou des sillons d'une dizaine de cm de profondeur, vous les remplissez du bon compost que vous n'avez pas manqué de faire avec vos déchets de cuisine, voire vos toilettes sèches (attendre quelques mois si vous avez des toilettes sèches avant d'utiliser votre compost, il faut qu'il soit bien décomposé) vous coupez les racines des poireaux (en laissant 1,5 cm environ) vous coupez les tiges (en laissant 15 cm) et vous mettez en terre en tassant bien, tous les 15-20 cm. Vous arrosez copieusement... et vous récoltez quelques mois plus tard. Si vous ne mettez pas de compost, vous saurez rapidement si vous avez une bonne terre ou non: les poireaux étant très gourmands, ils restent ridicules dans les terres pauvres...
Sinon, il est encore temps de mettre des haricots, qu'on peut aussi semer avec les enfants. (Bizarrement, ils piétinnent moins ce qu'ils ont semé eux-mêmes) Pour moins de travail, semez des haricots nains, arrosez... et ceuillez quand ils ressemblent à ceux du marché ! Facile, facile. Il faut juste surveiller qu'ils ne sont pas trop envahis par les mauvaises herbes et qu'ils n'ont pas trop soif...
Un truc qui est très facile aussi mais c'est peut-être un peu tard, c'est la courgette. Ca n'a besoin que d'eau (et d'un peu de soleil) et avec seulement 4 plants on nourri une famille de 4 personnes pendant les trois mois d'été ! Par contre, il faut prévoir un bon mètre carré par plant, ça devient assez imposant. Si vous en plantez et si vos plants ne se font pas dévorer par les escargots (c'est une année à escargot par ici) vous serez largement récompensé de vos tous petits efforts !

Allez, au travail, camarades, il est temps d'apprendre à cultiver son jardin de toute façon, avec les temps qui se préparent...
(et pour l'année prochaine, gardez quelques graines de courgettes pour les semer vous-même, et laissez un plant de haricot sur pieds avec ses haricots, vous aurez ains de gros haricots que vous ne pourrez pas manger mais dont les gros grains dans les cosses pourront de la même façon être resemés l'année d'après. et quand on voit le prix du paquet de haricots, ce n'est pas du luxe ! )

Posté par Aspen à 18:11 - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 15 juin 2008

La journée d’Enzo

J'ai reçu quatre fois ce texte par internet... envoyé par quatre personnes différentes ! C'est la première fois que je vois un texte circuler aussi vite. Il faut dire qu'il fait un peu froid dans le dos. Si quelqu'un connaît l'auteur, ça m'intéresse !

3 septembre 2012

Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d’une grande marque. La maîtresse parle, mais il a du mal à l’entendre, du fond de la classe. Trop de bruit.
La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu’elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l’intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal.
Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades. On l’a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l’a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.
Il a commencé l’école l’an dernier, à 5 ans. L’école maternelle n’est plus obligatoire, c’est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l’école à 3 ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l’accueil et le goûter n’existent plus, place à la morale, à l’alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie. L’école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès.
Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l’école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l’aider pour les devoirs, ils font trop d’heures supplémentaires. Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l’école, pour aider son grand-père, qui n’a presque pas de retraite.
Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais. Enzo n’oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il parait qu'il n'avait pas de papiers... Enzo fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.
Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l’assurance, et ses parents n’ont pas les moyens.
L’an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l’école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L’EPEP (établissements publics d’enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d’enseignant. Ils seront 36 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école.
Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par cœur. Mais sa mère dit qu’il n’y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d’Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l’usine est partie là-bas. Il ne l’a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s’appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant la vieille dame disait hier que c’est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !
Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune sœur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l’école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c’était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner.
Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n’est pas payée. Elle dit : « A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la  journée, c’est épuisant. » Surtout qu’elle dort dans le salon chez Enzo, elle n’a pas assez d’argent pour se payer un loyer.
Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l’abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d’Arc et les dix commandements par cœur. C’est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien…
Enzo se demande pourquoi il est là. Pourquoi Saïd a dû partir. Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit. Pourquoi et comment les usines s’en vont en emportant le travail. Pourquoi ils sont si nombreux en classe. Pourquoi il n’a pas une maîtresse toute l’année. Pourquoi il devra prendre le bus. Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages. Pourquoi on le punit ainsi. Pourquoi il n'a pas de lunettes. Pourquoi il a faim.

Projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement. Est-ce l’école que nous voulons ? Le gouvernement a-til reçu un mandat populaire pour cela ? Qu’attendons nous pour réagir ?

Posté par Aspen à 10:42 - Politique - Commentaires [207] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 29 mai 2008

En congés

Aspen et moi avons bien besoin de vacances après ces turbulences bloguesques. Nous reviendrons reposées et plus sereines dans un délai que nous ne pouvons prévoir pour l'instant avec plein de nouveaux articles totalement inintéressants sur l'eau qui lave, le shampoing qui shampoue et les radis qui poussent sans faire de bruit!

Bises à TOUS et à bientôt!

Posté par cherry plum à 20:50 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 26 mai 2008

Acheter d'occasion

Parmi mes souvenirs d'enfance, il y a ces samedis après-midi que je passais en compagnie de mes parents dans le plus gros centre d'Emmaüs près de Rennes. De loin, on aurait dit une décharge publique avec tous ces canapés qui mouraient à ciel ouvert, ces vieux camions désossés et ce fatras de morceaux de bois ou de plastique qui avaient dû, autrefois, être des meubles. Mais lorsqu'on arrivait, c'était en fait une vraie caverne d'Ali Baba dans laquelle j'adorais flâner à la recherche de L'OBJET : un livre, un vêtement, un bibelot... Mon père, menuisier, trouvait toujours un petit meuble à retaper ou un pied de chaise qui trouverait une seconde jeunesse dans son atelier. Ma mère traquait les ustensiles de cuisine ou les pièces de lin. J'ai souvenir de revenir parfois, coincée dans le coffre entre une table et un vélo, pliée en quatre telle un yogi!

Je me suis toujours fournie en livres, en tissus et en jeux chez Emmaüs et j'ai gardé cette habitude. Lorsque j'ai aménagé mon premier appartement, TOUT était d'occasion (de la vaisselle au canapé en passant par les serviettes de toilette et la télévision) et il n'y a pas beaucoup d'objets chez moi qui soient neufs.

Si vous n'arrivez pas à convaincre votre conjoint de vos bonnes intentions écolos, voilà peut-être un argument qu'il ou elle entendra avec plus de facilité : acheter d'occasion permet de faire d'énormes économies! Et, à l'heure où le fameux "pouvoir d'achat" est tellement mis à mal, c'est une bonne raison de s'intéresser au marché de l'occasion.
Pas besoin de vous faire un dessin, vous comprenez bien que c'est également un bienfait non négligeable pour la planète : utiliser ce qui existe déjà plutôt que de produire encore et toujours, redistribuer également lorsqu'on n'a plus l'utilité de quelque chose, c'est réduire son empreinte écologique, augmenter la solidarité et enrichir le lien humain.

Acheter d'occasion s'appelle en nouveau langage écolo-bio-chic : compacter. Si je trouve la démarche intéressante, je regrette que, comme d'habitude, il faille conceptualiser tout ce que l'on fait ou ce sur quoi on réfléchit. La nouvelle tendance bo-bo est donc au recyclage, ne nous en plaignons pas.

Je vous livre les quelques pistes qui me servent régulièrement, j'ai conscience que je suis loin de la liste exhaustive mais je compte sur vous pour la compléter!

A creuser pour ceux qui démarrent :

- les vide-greniers : de mars à octobre, les villages organisent des manifestations où chaque particulier peut vendre ses affaires personnelles. Non seulement, c'est une balade agréable mais on peut faire vraiment des affaires. Je me fournis principalement en livres, DVD pour ma classe, jouets et vêtements pour mes enfants mais j'y ai déjà acheté mon vélo, de la vaisselle, la plupart de mes meubles, du linge de maison, du matériel hifi-vidéo, de la déco... Et pour rien au monde je ne manquerai le 3ème week-end de septembre à Rennes où est organisé le deuxième plus grand vide-greniers de particuliers de France : j'y achète chaque année les cadeaux de Noël (jeux de société neufs à 2 euros par exemple), les fournitures scolaires (cartable neuf à 1.5 euro) et les vêtements de toute ma petite famille.

- Les bourses : aux vêtements, aux livres, aux jouets, aux plants de jardin.... Il y en a pour tous les goûts. Traquez ces informations dans les journaux gratuits de votre région. Plus régulières en septembre et en mai.

- les magasins d'occasion : bouquineries (je suis très fidèle à la mienne et je fais des économies ENORMES), vêtements (parfois vendus au kilo), matériel de puériculture... A chercher dans votre ville!

- Ebay : THE site de l'occasion. Une vraie malle aux trésors car on trouve à peu près tout ce que l'on cherche à des prix raisonnables. Avant d'acheter un objet, je vais toujours voir si je le trouve sur Ebay et à 90% c'est le cas. Attention à ne pas vous faire avoir cependant par les frais de port et le jeu des enchères! J'estime avoir fait une bonne affaire quand l'objet que j'achète me coûte 50% de son prix d'achat frais de port compris. L'avantage que je trouve aussi sur ce site, c'est la possibilité d'acheter des lots. Pour les vêtements des enfants ou les livres, c'est vraiment très avantageux.

- Priceminister : un site plutôt spécialisé pour les livres, jeux vidéo et dvd, les frais de port sont élevés mais vous faites tout de même entre 50 et 80% d'économies.

- Troczone : un système d'échange de biens culturels, vous proposez des livres par exemple et les envoyez à ceux qui sont intéressés, en échange on crédite votre compte en points que vous pouvez échanger contre d'autres biens d'occasion

- Emmaüs

- les sites de dons sur internet

- les dépôts-vente, super pratiques pour les meubles et les appareils électo-ménager

...

Attention cependant à ne pas vous encombrer plus que de raison, sous prétexte que ce n'est pas cher! Il fut un temps où j'achetais tellement de "bonnes affaires" que mon compte bancaire était aussi vide que ma maison était remplie. J'ai tout revendu par l'intermédiaire des mêmes réseaux et je n'achète aujourd'hui que ce dont je vais réellement me servir.

Posté par cherry plum à 12:52 - Ecologie - Commentaires [37] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 24 mai 2008

A lire avant de nous contacter

Nous sommes vraiment heureuses du succès de ce blog mais qui dit succès dit aussi sollicitations! Les mails qui arrivent dans notre boite sont de plus en plus nombreux et relèvent souvent des mêmes thèmes. Il nous a donc semblé utile de vous donner des réponses avant même que vous ne nous posiez la question!

Si vous souhaitez nous féliciter :

Merci beaucoup! Pas besoin de mail privé pour cela, il vous suffit de nous laisser un petit mot sympathique n'importe où sur ce blog, si nous ne répondons pas à tous, sachez que nous lisons TOUS les commentaires et que les compliments nous vont toujours droit au coeur!

Si vous souhaitez nous exposer votre problème ou poser une question sur un thème d'article du blog:

Nous vous remercions de la confiance que vous nous accordez mais prenez conscience que nous ne sommes ni psychologues, ni avocates, ni diététiciennes, ni dermatologues, ni gourous, ni Dieu et que nous n'avons aucun pouvoir hormis celui de nos paroles... Nous ne pouvons pas prendre le risque de vous donner de mauvais conseils (et d'ailleurs, de quel droit le ferions-nous?) Nous vous invitons plutôt à exposer votre problème dans les commentaires de l'article qui vous a interpelé, le pseudo vous permettant une totale confidentialité. De plus,  vous aurez beaucoup plus de chances de trouver une réponse grâce à l'intervention de nos nombreux lecteurs et commentateurs! L'expérience nous a montré que ceux qui commentent ont toujours une réponse!

Si vous souhaitez que l'on vous fasse un coup de pub :

Sincèrement, nous ne doutons pas de vos bonnes intentions et nous comprenons à quel point il est important de soutenir les petites entreprises qui se créent mais nous n'avons pas le temps de visiter vos sites en détail ni de tester vos produits. De plus, nous vous rappelons que ce blog lutte quand même contre l'encombrement et la perpétuelle production de nouvelles marchandises. Nous ne sommes décidément pas favorables à la publicité, y compris pour des produits bio ou naturels. Nous subissons déjà la publicité imposée par Canalblog, nous ne souhaitons pas en rajouter. Nous ne souhaitons donc pas faire de publicité pour des produits dont nous ne serions pas sures de l'utilité réelle pour le consommateur.

Si vous êtes journaliste :

Merci pour l'attention que vous portez à notre blog. Sachez que nous n'habitons pas la région parisienne mais l'Ille et Vilaine et le Maine et Loire. Il est possible pour nous de nous rejoindre à Nantes. Nous avons 32 et 33 ans, 2 enfants chacune. Nous acceptons toute forme d'aventures médiatiques dans la mesure où elles correspondent aux réflexions que nous exposons ici : écologie, simplicité volontaire, désencombrement, éducation sans violence...

Posté par cherry plum à 19:58 - Accueil : A lire avant de nous contacter - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 18 mai 2008

Communication Non Violente

J'ai écrit, il y a longtemps, un ou plusieurs articles là-dessus que je vous retrouverai peut-être un jour si j'en ai le temps et le courage... En même temps, comme j'ai oublié ce que j'avais écrit et que j'ai sûrement évolué depuis, ce n'est pas grave si je ne les retrouve pas.

En tout état de cause, j'ai envie d'aborder à nouveau ce thème, non pas de façon générale comme je l'avais fait à l'époque (y a ben longtemps ma bonne dame) mais pour proposer une sorte de « code de bonne conduite » pour les commentaires et les commentateurs de ce blog. En effet, j'ai trouvé à plusieurs reprises ces denières semaines des commentaires dépassant les limites de ce que j'estime « non violent »... Je vais vous avouer tout de même que mon seuil de détection de la violence est très pointu... même si par ailleurs j'y résiste assez bien.... (je me sens rarement concernée, en fait. Si quelqu'un m'insulte, passé la surprise qui me laisse souvent sans voix, je me dis que la personne qui l'a fait ne savait pas comment s'exprimer mieux...) Donc, la violence m'apparaît vite et me dérange vite, même si ça ne m'empêche pas de dormir.

Est violent, selon moi, toute phrase qui commence par « tu ». Comme le rappelait Jacques Salomé il me semble (je peux me tromper), le « tu tue ». Même si l'on pense être gentil, dire « tu es ceci, tu penses cela », c'est prendre à l'autre sa place unique. C'est le priver de sa parole, de son être. C'est prétendre savoir pour lui ce qu'il pense, ce qu'il est, ce qu'il fait. Or, nous ne savons déjà pas souvent nous-mêmes ce que nous pensons, sommes... alors les autres, pfuui... Donc, pas de « TU ».

Est violent, selon moi, toute façon qui tente de faire comprendre à l'autre qu'on a raison et qu'il a tort. Nous avons le droit d'avoir un avis différent... de le garder, sans pour autant en conclure que l'autre a tort. Et encore moins penser que s'il a tort, il est forcément con.... (sinon, il penserait comme nous, tiens!)

Est violente l'ironie mordante faite à l'encontre d'une personne. « Rire avec », c'est drôle, « rire de », c'est moins drôle. Enfin, en tout cas, ça ne me fait pas rire. Bien sûr, j'entends que ça puisse soulager de voir l'arroseur arrosé, mais a-t-on fait avancer le débat ?

Puisque c'est notre blog à Cherry Plum et moi-même, nous proposons que toutes les personnes qui commentent tentent de rester dans les limites de la non violence ci-dessus énoncées... (ce sont les  premières qui me viennent à l'esprit à cette heure tardive où je suis bien fatiguée, je ne dis pas que je n'en rajouterai pas d'autres plus tard!) Bien sûr, ce n'est pas toujours facile... On peut au moins essayer. Et si on se sent très blessé par un commentaire, si on se sent particulièrement visé, rien n'empêche de laisser passer une nuit avant de répondre.

Pour poursuivre le débat sans entrer dans la violence, on peut parler de soi, de son ressenti. Dire « quand tu as écrit telle ou telle chose, j'ai ressenti telle ou telle chose... » c'est autre chose que de dire « ce que tu as dit était insultant »... On ne sait pas toujours quelle est l'intention de celui qui écrit... Peut-être n'a-t-il pas voulu être insultant. Pourtant, on a le droit quand même d'avoir été blessé... Mais « oeil pour oeil, dent pour dent et le monde finira aveugle et édenté... » (Gandhi)

Voilà, puisqu'à partir de la rentrée prochaine les leçons de morale seront au programme, c'était la leçon du jour...

Sur ce, chers lecteurs, je vous embrasse virtuellement tous, (si, si!) et vous souhaite une très bonne nuit !

Posté par Aspen à 22:27 - Où vais-je? Où cours-je? - Commentaires [192] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 7 mai 2008

Ecoles en colère

Mardi 29 avril, en Ille et Vilaine, 50% des écoles étaient fermées suite à l'appel à la grève lancé par tous les syndicats représentés sur le département à savoir le SNUipp, le SGEN-CFDT, le SE-UNSA et  le SNUDI-FO.

En effet, la situation dans le département est inédite : pour la seule période septembre 2007 - février 2008, on compte 3157 jours d'absence non remplacés, c'est à dire des enfants ballotés d'une classe à l'autre qui font de la garderie sur le temps scolaire et viennent surcharger des  classes souvent déjà trop nombreuses en temps normal. Cela est la conséquence logique des 88 suppressions de poste. Pour pallier à cette situation déplorable, Monsieur l'Inspecteur d'Académie vient de faire appel à des retraités. Cela est particulièrement choquant dans le contexte actuel où le nombre de jeunes chômeurs est en augmentation constante.... tant pis pour les jeunes, hein ?

Par ailleurs, les enseignants s'interrogent fortement, et c'est peu de le dire, sur la « consultation nationale » qui vient de leur être imposée suite à la publication des nouveaux programmes. Nul n'est contre le fait de donner son avis, bien au contraire, mais avant même que les équipes éducatives n'aient eu le temps de se concerter pour rendre leurs conclusions à leur hiérarchie, des manuels tenant compte de ces nouveaux programmes parvenaient dans les écoles ! De plus, les réponses demandées étaient si détaillées et le temps prévu par le gouvernement pour les dépouiller afin de les faire remonter si court qu'on se demande bien ce qui va pouvoir être fait de ces réflexions. On se doute bien que quelques phrases par-ci par-là vont être sorties de leur contexte pour faire dire aux enseignants qu'ils sont d'accords...

En ce qui concerne les programmes eux-mêmes, ils mobilisent actuellement la communauté éducative qui s'inquiète fortement. Il est d'ailleurs intéressant de rappeler que dans un article publié dans le Nouvel Observateur messieurs Jack Lang et Luc Ferry, anciens ministres de l'Education Nationale et de la Recherche, politiquement opposés, s'accordent pour dénoncer ces nouveaux programmes. Une pétition, lancée par 19 organisations  syndicales, mouvements pédagogiques et d’éducation populaire, anciens responsables de l’éducation nationale, chercheurs, parents d’élèves, rappelle que ces programmes sont « marqués par l’inadaptation des contenus, par un affaiblissement de leur dimension culturelle et par une conception mécaniste des apprentissages »

Quelques exemples parmi d'autres :

  • en mathématiques, on va favoriser l'acquisition de techniques opératoires au détriment de la compréhension. Ainsi, on demandera à un élève de CP de poser une soustraction... sans se soucier de savoir s'il a bien compris son utilité ! Par ailleurs, on diminue les horaires. En fin de CM2, on exigera des compétences actuellement demandées en 5ième...

  • en français, de la même façon, les élèves seront amenés à devoir maîtriser des temps de conjugaisons fort peu employés et ne travailleront que peu leur capacité à comprendre finement un texte par exemple, pour devenir des citoyens engagés. On exigera d'eux qu'ils écrivent parfaitement du point de vue de l'orthographe un texte de 10 lignes mais pas qu'ils puissent exprimer un point de vue, discuter ... en bref, le français devient une collection d'activités disjointes, privilégiant les exercices mécaniques au détriment de celles qui demandent des efforts, de la réflexion, de l'intelligence.

  • l'âge de l'apprentissage de la lecture serait quasiment avancé d'un an alors que les recherches actuelles en matière de didactique de l'enseignement montrent toutes clairement que la majorité des enfants n'a pas la maturité nécessaire pour aborder si tôt ces apprentissages.

  • un changement de philosophie dans l'enseignement de l'éducation physique et sportive, l'accent est mis dans le fait de marquer des points et de battre son adversaire, non dans le fait de progresser ou de participer

  • des évaluations qui changent de rôle : utilisée jusqu'alors pour repérer les difficultés des élèves et y remédier, elles serviront désormais à valider l'acquisition de compétences. Rendues publiques elles mettront les écoles en concurrence... dans une logique toute libérale.

  • Et bien sûr, le retour de la morale à l'école, l'apprentissage de la Marseillaise (indispensable pour faire un bon citoyen) et le vouvoiement des professeurs... Voilà qui suffira à éradiquer la violence des écoles, c'est certain.

Alors que notre école maternelle fonctionne bien et que toute l'Europe nous l'envie, on peut craindre, à la lecture de ces programmes, à moyen ou à long terme, à sa suppression pure et simple. Envisagée dès l'année prochaine uniquement sous l'angle de la préparation à l'école élémentaire en ignorant l'accueil et tout ce qui fait la spécificité des tous petits, elle change en tout cas de visage. Le domaine « vivre ensemble » est remplacé par « devenir élève » ce qui en dit long... D'ores et déjà, dans les faits, les enfants de deux ans ne sont plus acceptés dans la plupart des écoles publiques du département et ils disparaissent des futurs programmes.

Parallélement à ces programmes, le gouvernement a lancé a grand renfort d'annonces plusieurs mesures pour réduire l'échec scolaire. (15% de la population qui quitte l'Education Nationale sans diplôme)

Parmi ces mesures notons surtout l'organisation de stages pendant les vacances d'avril, juillet et août... à raison de 3h par jour pendant 5 jours par groupes de 6 élèves, dans le but prétendument affiché de permettre à des familles aux revenus modestes de pouvoir faire bénéficier leurs enfants du soutien scolaire gratuit. D'une part, les enfants en grande difficulté ne peuvent pas bénéficier de cette aide car elle est inadaptée. Ceux-ci ont besoin d'aides conjointes de différents spécialistes, psychologues, psychomotriciens, éducateurs... Les enseignants proposent donc uniquement des enfants ayant de petites difficultés : l'objectif ne peut donc être atteint de cette façon. D'autre part, les enfants, surtout ceux pour qui l'école est déjà difficile ont besoin de vacances. Qui peut être assez naïf pour croire que faire travailler un enfant alors que ses copains s'amusent va lui donner le goût de l'effort et lui faire « rattraper » ce qu'il n'a pas assimilé ? De toute façon, ce n'est pas en quelques heures qu'on rattrape des années parfois de difficultés, surtout que ces stages sont proposés au niveau du CM...

Nous nous étonnons de la rémunération importante des enseignants pour ces stages : 23,58€ de l'heure, défiscalisées, dont 3 heures de formation payées au même tarif! Si l'Education Nationale est si riche, ne peut-on pas embaucher plus pour alléger les classes afin que les enseignants puissent aider les enfants en difficulté de façon plus efficace, payer des remplaçants, financer correctement les réseaux d'aide et laisser tranquille les enseignants en retraite ? De plus, la précipitation dans laquelle ces mesures ont été mises en place et l'absence de concertation de tous les partenaires font que toutes les modalités d'organisation de ces stages n'ont pas du tout été pensées. Qui va chercher les enfants le midi quand les parents travaillent ? Qui est responsable des locaux ? Autant de questions sans réponse actuellement...

Nous craignons que cette solution soit estimée suffisante par l'Education Nationale et que pour récupérer des postes les enseignants spécialisés (le fameux RASED) qui interviennent sur le temps scolaire à la demande des parents et/ou des enseignants pour des petits groupes d'enfants avec des difficultés variées (comportement ou spécifique à des disciplines) soient supprimées. Ils ont déjà des difficultés de fonctionnement – frais de déplacement insuffisamment remboursés, actions limitées aux GS-CP-CE1 en Ille et Vilaine, nombre restreint...

Quoi qu'il en soit, il est évident qu'il vaut toujours mieux agir en amont. Des études ont été faites qui prouvent ce dont n'importe quel professeur des écoles peut témoigner, à savoir que le nombre d'enfant par classe a des incidences sur les résultats scolaires et au delà sur l'ambiance de classe. Or ces études n'ont bien sûr reçu aucune publicité. En CP, par exemple, il est possible de faire lire chaque enfant individuellement à 18, difficile à 25 et impossible au delà. Pourquoi ne pas donner les moyens aux enseignants de tout faire pour éviter la difficulté scolaire au moment où elle se manifeste ?

D'après le site officiel de l'Education Nationale, Eduscol, la moyenne dans le primaire est de 23,47 enfant par classe en 2007. En Ille et Vilaine ces chiffres sont probablement beaucoup plus élevés... mais introuvables (malgré nos demandes répétées à notre inspecteur d'Académie). A ce propos, il nous semble important de rappeler que les chiffres sont manipulables à l'envi. Quand tel ministre se vante du faible ratio élève/enseignant, il compte bien sûr les enseignants en poste, il compte ceux qui sont déchargeants (c'est à dire qu'ils complètent les temps partiels ou les décharges de directions), ceux qui sont remplaçants, les membres des réseaux d'aide... mais aussi tous ceux qui sont en congé pour maladie, maternité et même en disponibilité)! Pratique! Et ça permet de dire qu'en France on compte un prof pour 11 élèves.

Nous sommes dans des logiques de fonctionnement qui ignorent totalement l'humain pour des intérêts économiques. A terme, c'est rien de moins que la suppression de l'école publique qui est en chantier. Nous allons, malgré nous, vers une libéralisation de l'éducation. Tout doit pouvoir se vendre et s'acheter, or, jusqu'à présent, si l'éducation n'a pas de prix, elle a un coût... et ne rapporte rien ! Les gens étant à l'heure actuelle plutôt satisfait de leurs services publiques, il va falloir beaucoup d'effort de casse pour qu'ils finissent par s'en détourner complètement pour aller vers l'enseignement privé... Mais on y arrive,  petit à petit, on y arrive...

Bon, j'ai essayé de faire simple et synthétique sur un sujet complexe et technique... N'hésitez pas à poser des questions...

Posté par Aspen à 09:49 - Politique - Commentaires [129] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 4 mai 2008

Vous aurais-je froissée?

Mail reçu il y a quelques jours :

"Bonjour,

Je m'appelle ..... et suis journaliste pour TF1. Je travaille sur une nouvelle émission "Système D" dont le but est de proposer des solutions pour dépenser mieux ou moins, pour consommer différemment et faire partager des bons plans. J'ai découvert votre site et j'adore ! J'aimerais beaucoup pouvoir discuter avec vous de votre façon de vivre, de ce réseau "abri cause" que vous avez crée. Serait ce possible de vous contacter par téléphone ?
Dans l'espoir de vous lire ou vous entendre, je vous laisse mes coordonnées : ........

Excellente fin de journée,
...... "

En accord avec Aspen, voici notre réponse :

"Chère ......,

merci pour l'intérêt que vous témoignez pour notre blog. Nous serions heureuses de vous apporter notre aide pour votre émission mais nous aimerions tout d'abord que vous nous précisiez un peu la forme de ce nouveau concept et que vous nous disiez ce que vous attendez de nous. S'agit-il pour nous de "passer à la télé"? Ou de proposer nos trucs et astuces simplement par votre bouche? Est-ce une émission de quelques minutes genre "du côté de chez vous" ou une émission plus longue?

J'espère que vous comprendrez que nous souhaitons rester en phase avec nos convictions et que nous devons vraiment savoir où nous mettons les pieds, pour ne pas nous voir reprocher ensuite de "travailler" pour TF1 dont la publicité alimente constamment la surconsommation que nous dénonçons sur notre blog. N'y voyez aucune attaque personnelle, mais juste l'envie d'être réglo vis à vis de nous-mêmes et de nos lecteurs.

D'autre part, je vois que vous êtes intéressée par le réseau "abricause". Si vous avez découvert cette association dans l'article paru dans AVANTAGES, sachez que la journaliste a fait paraître l'article contre mon avis de relecture et qu'elle a fait une erreur d'interprétation de mes propos. L'association  que j'ai créée avec une amie n'a pas pour but premier d'être un réseau de système D mais un réseau de discussions et d'entraide entre parents. L'essentiel des activités tourne autour de rencontres sur un sujet lié à la parentalité ou d'organisation de sorties, de temps de partage, d'ateliers créatifs. Voilà le but premier. Il est vrai que, par contre, au fur et à mesure des liens tissés entre les membres de l'asso, un réseau d'entraide s'est organisé : échange de baby-sitting, de vêtements, de livres, de jouets, achats ou cueillettes groupés de fruits et légumes. Mais ces faits sont la conséquence de l'amitié entre les membres et non le but même de l'asso.

Je tenais à vous le préciser pour que vous puissiez voir si cela rentre dans vos critères de recherche pour votre émission. D'autre part, sachez que je ne dirige plus cette association même si j'en suis encore membre et qu'il me faudrait l'autorisation du bureau pour en parler.

j'attends de vos nouvelles et vous souhaite une bonne journée!

A bientôt

Laurence alias Cherry Plum

(copie de ce mail à Alice alias Aspen)"

Depuis, plus de nouvelles, de toute façon nous n'avions pas envie de "tapiner" chez TF1. Mais une question me vient à l'esprit : serions-nous "passées à la télé" si je n'avais pas demandé à en savoir plus sur l'émission? Il me semble que dans l'absence de réponse, il y a une sorte de "merde! quelqu'un qui réfléchit et dont on n'a pas réussi à flatter suffisamment l'égo pour l'utiliser. Comment, moi le Dieu TF1, on ose me demander des précisions, on ose me dire "peut-être" voire "non" alors que tant se jetteraient à mes pieds et ne rêvent que d'avoir leur instant de gloire! Quelle prétention!"

Mes mots s'emmêlent mais j'ai vraiment le sentiment qu'en ce début de 21 ème siècle, il ne fait pas bon avoir des convictions, tenter (un peu) d'être en cohérence avec soi et ne pas sacrifier aveuglément au Dieu de la célébrité et du show.  Avoir l'illusion de consommer un peu de pouvoir, un peu d'amour faux à travers un écran, d'être quelqu'un le temps d'un mini reportage... la consommation à outrance nous emmène décidément bien loin...

Posté par cherry plum à 13:03 - Politique - Commentaires [134] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 29 avril 2008

Quand artiste rime avec simplicité

Bon, je suis absolument incapable d'insérer une vidéo alors je vais vous demander de cliquer pour découvrir deux chanteurs cyniques qui campent avec beaucoup de vérité les défauts de notre société. En les regardant et en les écoutant je pense fatalement aux Deschiens...

J'adore aussi celle-ci et celle-là, et enfin leur site.

La pêche!

Posté par cherry plum à 21:14 - Divers... - Commentaires [34] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Récit de voyage

PICT0234

Rassurez-vous, je vous ferai grâce de la soirée diapositives où vous auriez droit au commentaire passionnant qui accompagne le défilé des 753 photos de Cherry Plum en Ecosse!

Alors, non, il ne s'agit pas de Cherry Plum boit une bière, Cherry Plum brosse une vache à poils longs, Cherry Plum en kilt, Cherry Plum tricote un pull en laine de mouton au bord d'un loch... (pas de Cherry Plum sous la pluie, on a eu 10 jours de soleil, nananère!)

Juste deux ou trois impressions qui ont leur place ici : d'abord, j'ai été étonnée de constater que sur TOUS les conditionnements de nourriture, on trouve des indications sur les allergies possibles à tel ou tel composant mais aussi une mention qui indique que l'aliment que vous avez entre les mains peut être consommé dans le cadre d'un régime végétarien ou vegan.

Il en va de même sur les cartes de restaurant : en bas de page, on trouve mentionnés les plats qui sont susceptibles de contenir des substances allergisantes. De plus, les établissements proposent un large choix de plats végétariens et/ou vegans. Entendez bien : je n'ai pas dit "une pauvre pizza fromage-poivrons" ou une "salade fanée avec tomates pas mûres importées d'Afrique du Sud", NON! De vrais plats végétariens, savoureux, cuisinés avec amour (on peut l'espérer!) et recherchés comme le sont les plats contenant viandes et poissons! Même au B..rger Ki..g!

C'est ainsi qu'un midi, à la gare de Glasgow, j'ai mangé mon premier Veggieburger, pas très convaincue au départ, je dois bien l'avouer... Mais lorsque j'ai goûté, je me suis dit que si  mon fast-food du coin cuisinait la même chose, je craquerais plus souvent "pour faire plaisir aux enfants"!!!

Je regrette qu'en France, le végétarisme apparaisse encore comme une sorte de caprice de jeune fille éthérée anorexique ou de sensiblerie mal contrôlée. On reconnait comme légitime le droit de quelqu'un à ne pas manger certains aliments parce que sa religion le lui interdit mais on trouve ridicule, immature voire anti-patriotique (ah! la bonne production de viande française!) de refuser la viande et/ou le poisson par idéologie, choix politique, écologique ou par goût. Le "je ne mange pas de viande" nous classe immédiatement dans la catégorie des trouble-fêtes.

Pourtant, moi qui ne suis pas végétarienne mais qui mange très peu de viande, je reconnais être parfois désabusée devant une carte de restaurant lorsque je rêve (surtout le soir) d'un bon mijoté de légumes et que je ne vois s'aligner devant moi que des plats pour lesquels les dit-légumes ne sont qu'un accompagnement sommaire et réduit quand ce n'est pas la fatale "frite" qui s'affiche comme le seul choix possible!

D'autre part, j'ai été ravie de constater que dans les petits supermarchés où nous faisions les courses, les produits étaient pour la plupart locaux. comme nous avons beaucoup circulé dans le pays, nous avons pu manger à chaque fois les spécialités de la région : du poisson en passant par le beurre, le lait, les légumes ou les pâtisseries (petit faible pour les gôtô!)  tout  était fabriqué à moins de 100 kilomètres, de quoi laisser rêveur...

Et lorsque, en camping, je suis arrivé devant les poubelles avec mon balluchon à vider, je suis restée interdite, voyant qu'on y pratiquait aussi le tri sélectif! En 30 ans de camping, c'était la première fois que je disséquais mes ordures à 22 heures , à quatre pattes devant les bacs de différentes couleurs pour pratiquer le tri, comme à la maison!

J'ai apprécié aussi les deux robinets d'eau, l'un avec de l'eau potable, l'autre avec de l'eau recyclée pour la vaisselle, la lessive et consort.

Enfin, et cela indépendamment du pays que nous visitions, notre mode de vie pendant 10 jours m'a encore fait prendre conscience de mon gaspillage quotidien. Nous voyagions en camping-car, et outre le fameux soir, près d'Edimbourg, où nous avons dormi dans un camping, nous nous postions le soir là où le vent avait bien voulu nous pousser (au pied d'une montagne, au bord d'un loch, face à la mer et à son coucher de soleil...  bref, en général juste à gauche après le deuxième mouton)

120 litres d'eau non potable pour un semaine, sensés servir pour les douches et les vaisselles. D'office, on a exclu les douches. Une toilette du chat le soir, un brossage de dents sans trop de dentifrice pour éviter d'avoir à se rincer plusieurs fois, voilà de l'eau économisée. C'est fou comme finalement cela ne m'a manqué qu'au bout de 5 jours de ne pas pouvoir me laver sous la douche! Et comme mes cheveux ne s'en sont que mieux portés! (Quel délice, une fois arrivés dans ce camping!) Pour les vaisselles, très peu d'eau et obligation à table de nettoyer au maximum son assiette avec du pain! Depuis, on continue à la maison.
Enfin, puisqu'on devait utiliser de l'eau en bouteille pour les pâtes, à raison de 2 litres d'eau pour la cuisson, on a décidé de manger autre chose! Depuis, je réfléchis à la façon de faire cuire des pâtes sans trop d'eau...

Bref, pas une révolution en soi mais des petites réflexions qui viennent alimenter mon moulin (sans eau!)

Posté par cherry plum à 19:21 - Ecologie - Commentaires [53] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 26 avril 2008

Grandir Autrement sur l'école à la maison

Le numéro Hors série du magazine Grandir Autrement est sorti! 120 pages de conseils, astuces, témoignages et éclairages sur le home ou unschooling. Pour ceux qui s'interrogent, ceux qui hésitent, ceux qui viennent de commencer et qui ont la trouille, ceux qui en rêvent, ceux qui ne comprennent pas, ceux qui découvrent, ceux qui le vivent à fond!

Et puis, votre dévouée gnagnagna y a écrit quelques 5 ou 6 papiers, alors forcément j'ai les chevilles qui gonflent un peu (mais raisonnablement je vous rassure!)

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Posté par cherry plum à 13:12 - Questions d'éducation - Commentaires [56] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 14 avril 2008

Consommer responsable, c'est un début...

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Nous sommes d'accord : consommer et écologie sont deux mots qui ne riment pas. Lorsque j'ai feuilleté le catalogue qui référence 1 000 produits ou façons de consommer "vert" et/ou éthique, j'ai d'abord été dubitative et je me suis demandé s'il ne s'agissait pas là tout simplement d'une autre opération commerciale qui ferait une fois de plus la part belle à des entreprises toujours à l'affut de la juteuse niche marketing qui viendra gonfler leurs ventes.

Aujourd'hui, les librairies fleurissent leurs vitrines avec les ouvrages "bio/écolo" (Aspen, il est vraiment temps que l'on édite notre bouquin, la mode est au vert...) Vous trouverez une autre interview de nous dans le magazine JALOUSE du mois de mai, à croire que mai est un mois plus propice qu'un autre à l'écologie!
Hier, en passant devant la pharmacie, je découvre en vitrine les crèmes minceur de Weleda, célèbre marque pionnière dans les cosmétiques bio, qui ne résiste pas, elle non plus au chant des sirènes commerciales : n'est-ce pas une honte de proposer des crèmes pour maigrir lorsque l'on se dit engagé dans une démarche responsable et que l'on sait que 24 000 personnes meurent de faim chaque jour dans le monde et qu'il suffirait peut-être à nos organismes gâtés de consommer une nourriture plus pauvre en graisse et en sucre pour lutter efficacement contre ces rondeurs! Le plus paradoxal était sans doute cette petite "trousse en chanvre" offerte pour 2 produits achetés... Comment inciter à consommer plus en nous donnant l'illusion de consommer mieux...

Consommer, que ce soit "responsable" ou pas, plutôt que de recycler, de partager et fabriquer soi-même,  c'est de toute façon augmenter son empreinte écologique, gaspiller de l'énergie et participer à du non-sens.

La meilleure façon d'être responsable face à la consommation est encore d'entamer une réflexion sur ce besoin et de réaliser que notre course au bonheur matériel, que notre fuite en avant consumériste participent à épuiser les ressources et à creuser le déséquilibre social entre le Nord et le Sud. Importer de la nourriture bio de l'autre bout de la planète, utiliser les plantes exotiques pour fabriquer des gels douches (tout écolos qu'il soient), boire du café et manger du chocolat, même bio et équitables sont de toute façon des non-sens.

Cependant, je crois aussi que beaucoup de personnes découvrent ou s'intéressent à l'écologie justement à cause de ce battage médiatique. Et il est bien évident que c'est par les changements de comportement, par l'éducation, l'information et surtout l'investissement, même minime, de chacun que les choses pourront durablement évoluer. Ce catalogue met l'accent sur le fait que nos politiques et nos industries bougeront à la force du porte-monnaie.

Puisque nous sommes dans un monde de la consommation, alors appelons les consommateurs à inverser la tendance du "tout polluant".  Il est évident que lorsque l'on débute en écologie, on commence rarement par installer d'office des toilettes sèches dans sa maison et faire sa vaisselle à la cendre...

Ceux qui ont déjà lutté contre une dépendance le savent : on ne peut pas se priver de tout du jour au lendemain sans ressentir le manque qui nous conduira souvent à l'overdose, dans un moment de faiblesse. Alors peut-être que ce catalogue sera utile à ceux qui, loin d'être prêts à révolutionner leur vie, sont pourtant sensibles à leur manière de consommer. Savoir acheter ses appareils électroménagers, ses cosmétiques, sa nourriture, ses produits d'entretien pour la maison c'est un bon début. Voilà pourquoi ce catalogue ne me parait finalement pas une mauvaise initiative.

Faire évoluer son caddie, découvrir d'autres façons de voyager ou d'investir son argent, c'est peut-être là le début d'un lent processus qui fut le mien. La Terre ne s'est pas faite en un jour et ne renaîtra pas non plus de ses cendres en deux coups de baguette magique. Les consommateurs ne deviendront pas, du jour au lendemain, des écolos convaincus, mais échanger son téléphone portable énergivore contre un modèle classé dans le topten de Greenpeace, c'est un début, qui peut ensuite, doucement, conduire à abandonner totalement l'usage du portable...

Le chemin de l'écologie ne ressemble pas à ces belles autoroutes goudronnées. Personnellement, voilà 7 ans que je m'y intéresse et je suis bien loin du but que j'aimerais un jour dépasser. Et mon cheminement a connu plusieurs périodes :

- la découverte d'abord, avec cette difficulté à trouver des informations cohérentes, claires et faciles à mettre en oeuvre pour la novice que j'étais. Ce genre de bouquin m'aurait sûrement aidée.

- l'effet de mode ensuite : j'affichais bien en évidence sur l'étagère de la cuisine les produits labellisés BIO pour que les copains le remarquent. Acheter bio, sans aucun doute, ça en jetait! (c'était la phase "consommatrice")

- puis vint la réelle prise de conscience : petit à petit, l'effet de mode se transformait en besoin vital et en réflexions. Et la découverte du mouvement de la simplicité volontaire. Ce fut le moment de l'ouverture de ce blog.

- les tâtonnements aussi enthousiastes que disparates suivirent : j'essayais tout, dans tous les sens, je lisais et m'informais beaucoup, laissant peu à peu définitivement derrière moi d'anciennes habitudes et des dépendances matérielles. Ce fut aussi l'époque d'une autre prise de conscience : ce n'est pas parce qu'un produit porte un label bio ou équitable qu'il est pour autant "propre" et sans conséquence pour la planète. Cette phase correspond à tous ces articles que j'ai écrits sur l'achat local, sur les plats préparés bio ou autres gadgets écologiques... On ne peut faire confiance qu'à sa vigilance, l'étau se resserre...

- l'angoisse monta en même temps que je réalisai à quel point le chemin est long et escarpé et à quel point mon empreinte écologique est encore importante : ce fût le moment des restrictions, des sacrifices et des changements radicaux à la maison. C'est cette "repentance" qui me fit pousser des coups de gueule ici contre "ceux qui ne voyaient pas l'importance d'agir"! Je voulais convaincre tout le monde, je ne supportais plus les gaspilleurs et les profiteurs, je les harcelais et j'étais terrorisée à l'idée d'assoiffer la planète dès que je prenais une douche.

- il y eut 9 mois de "jeûne" ensuite. Drapée telle Phèdre dans mon sacrifice et ma dignité écorchée, je n'ai plus rien écrit ici, ni animé de soirées débat dans mon asso, ni vu grand monde d'ailleurs. Ce temps me permit de faire le tri entre les bonnes et les mauvaises convictions, entre ce que j'ai envie de donner et de recevoir, entre mes besoins vitaux et le superflu.

- et enfin, aujourd'hui, un bel équilibre entre des convictions assumées et des paradoxes ou plaisirs vécus sans culpabilité. Oui, je prends l'avion demain pour partir en Ecosse car J'ADORE voyager et aller à la rencontre d'autres cultures, oui je continue à manger du chocolat extra noir et à boire 2 litres de thé par jour... mais je n'en éprouve pas de culpabilité car je sais aussi ce que je fais, par conviction, pour la terre de mes enfants et je sais aussi que ce chemin me mènera toujours, mais à mon rythme, plus loin que je ne l'aurais imaginé vers moi-même et vers la vie qui me parait la plus juste et la plus adaptée à ce que je suis, en relation avec les autres humains de cette planète et l'environnement.

Alors, au final, si parfois je râle encore contre ces marchands du vert, je me rappelle aussi qu'il faut bien commencer un jour et que l'on commence rarement par le sommet...

Posté par cherry plum à 11:46 - Commentaires [49] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 13 avril 2008

Le cahier de brouillon

Je reprends (ou plutôt je vole en toute connaissance de cause) l'expression de Tom pour parler de la vie car elle correspond très exactement à ce que j'essaie d'accepter et d'assumer depuis bien longtemps. Je voulais appeler cet article "La vie est motion" en référence à Isabelle Filliozat parce que cette phrase définit également le fait que, malgré notre volonté de tout classifier, étiqueter, contrôler et organiser, nous ne pouvons que nous soumettre aux aléas de la Nature (telle la mort de Marie-Libellule que je ne réalise toujours pas) ou aux évolutions de notre fonctionnement intérieur.

J'ai commencé, je le suppose, à me poser des questions un quart d'heure après ma naissance... et je soupçonne mon cerveau d'être partiellement vide pour laisser place à toutes ces interrogations perpétuelles qui m'assaillent quotidiennement. Je ne sais si l'affaire est génétique mais lorsque j'entends mes enfants me demander "quel âge a Dieu?" ou "Il y a quoi au delà du Temps?", je me dis que de longues soirées de questionnement existentiel m'attendent encore longtemps au coin du feu...

Depuis 32 ans que je traine ma carcasse dans ce bas-monde, je suis, comme je le dis dans mon portrait, "chercheuse en vie simple et tourneuse en rond". Pendant très longtemps, j'ai cru que le plaisir, la sérénité, le bonheur, la jouissance, la forme la plus pure de vie et d'extase ne pouvaient intervenir que lorsque TOUT serait ABSOLUMENT PARFAIT. Je mets ces trois mots en majuscule pour insister sur leur caractère intrinsèque. Chacun se lit à la fois séparément et dans cet ensemble de la sainte trinité...

TOUT : chaque détail, chaque recoin matériel ou immatériel, c'est à dire, chaque coin de l'endroit où je vis, chaque parcelle de mon corps et de mon esprit, chaque onde ou énergie me pénétrant et m'entourant.
ABSOLUMENT : complètement, entièrement, foncièrement, totalement (définition du Petit Robert)
PARFAIT : tel qu'on ne puisse rien concevoir de mieux

C'est ainsi que petite, je rangeais ma chambre parfaitement avant de jouer et que j'établissais régulièrement des programmes pour devenir meilleure : planning sur la semaine pour perdre des mauvaises habitudes ou devenir la fille que ma mère aurait voulu avoir. Il m'arrivait souvent aussi de vider l'intégralité de mes placards au centre de ma chambre pour remettre ensuite à sa juste place chaque objet, livre, jouet ou vêtement sélectionné avec attention et respect. Parallèlement j'avais une imagination extraordinairement débordante, qui me permettait d'évoluer dans mon monde parfait où je me réfugiais quand mon quotidien était trop pénible. A l'abri de la violence de ma mère, je pouvais imaginer l'adulte parfait que j'allais devenir. J'étais déjà bohème et sensible aux grandes causes, je m'imaginais dans des situations où je pourrais sauver une partie du monde, je construisais ma maison idéale en feuilletant les magazines chez une amie de ma mère, et j'imaginais aussi être la mère parfaite que ma mère n'était pas.

Les troubles alimentaires, la constipation chronique, les règles tardives, très irrégulières et douloureuses, l'obsession de la propreté corporelle sont venus, plus tard, tenter de contrôler ce corps imparfait qui se permettait de produire tant d'imperfections : graisse, selles, sang , sueur... Premier hic dans les rouages de ma machine, première impossibilité à maitriser les motions de la vie.

Découvertes des rapports humains avec les errances adolescentes. Jalousie, incompréhensions, colère, sentiment d'impuissance, dépendances... Deuxième hic : les gens sont des éléments imparfaits avec qui il est impossible d'avoir une relation pure et complète.

Amour, passion, mariage. Le retour au ventre maternel, à l'union parfaite de deux êtres en complétude, à l'état originel de fusion est impossible. Il faut apprendre à vivre avec cet autre qui ne sera jamais moi et qui n'évolue pas à la même vitesse ni dans la même direction. Le couple est cette association étrange de deux plaques tectoniques que je tente vainement de coller l'une à l'autre, il me faudra accepter que c'est dans cet espace d'imperfections et de différence que chacun peut se développer personnellement et se sentir soutenu sans être emprisonné.

Puis la maternité venant un temps combler mon ventre vide et créer la perfection. Harmonie, symphonie des désirs et des sentiments, passion commune, je grandis dans son regard au fur et à mesure qu'elle ouvre mes bras pour chercher Ailleurs. Cacophonie des 2 ans, nos instruments ne sont plus accordés et je ne comprends plus rien à ce petit bout de bonne femme qui affirme du haut de ses 80 centimètres son droit à disposer d'elle-même! Arrivée du petit frère, illustre inconnu dont je ne comprends pas les besoins et qui restera très  longtemps "mon adorable énigme". Troisième hic : je ne serai jamais une mère parfaite. Mes enfants me bousculent, il faudra apprendre à leur contact combien c'est dans l'imperfection qu'ils m'aiment, combien on peut pardonner ses erreurs à quelqu'un qui cherche, qui se remet en question et qui essaie encore. Ils m'apprendront à aimer le désordre, les imprévus et les jours de pluie. Ils me montreront comment on peut se suffire de quatre pieux et d'un vieux drap pour se confectionner un tipi quand je voulais leur construire une cabane parfaite. Ils me déculpabiliseront de ne pas les habiller avec des tenues parfaites en me montrant qu'un pantalon sert surtout à ne pas trop s'écorcher les genoux quand on grimpe aux arbres. Et ils sauront me donner ce que je n'avais pas réussi à recevoir avant eux : la tolérance et l'humilité. "Je ne suis pas la meilleure des mamans" (moi) "Non, mais tu fais de ton mieux et c'est déjà pas mal" (ma fille, 7.5 ans)

Et enfin cette maison, cette fichue maison pour laquelle il nous aura fallu 5 ans de rénovation (et encore juste l'intérieur). Une maison imparfaite, avec des murs bancals et pièces impossibles à décorer comme je l'aurais souhaité, faute de moyens et de temps. Elle m'a appris la patience, et surtout elle m'a montré qu'on pouvait vivre heureux dans un univers en attente et en perpétuel mouvement... Que de plaisirs partagés avec les enfants plutôt que de peaufiner ce papier peint ou poncer cette plinthe à la lime à ongle... Que de barbecues improvisés sur un demi bidon en fer plutôt que dans cette cuisine d'été si lisse, découpée dans un magazine et soigneusement classée parmi les autres projets déco parfaits... Que de siestes délicieuses sur le vieux canapé tâché et défoncé en attendant le sofa parfait...

Bref, la notion de perfection me quitte un peu plus chaque jour et je profite de ce joyeux bordel parce qu'il me permet de recomposer en permanence, d'effacer, de recommencer comme sur un cahier de brouillon. Griffonner dans un coin, s'essayer aux pastels, raturer, écrire un texte d'une seule traite, y coller un morceau de tissu ou un ticket de bus, le brûler... Ma vie, mon merveilleux cahier de brouillon.

Posté par cherry plum à 13:09 - Où vais-je? Où cours-je? - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 12 avril 2008

Comme on fait son lit, on se couche!

Voilà longtemps que j'ai envie d'écrire un article sur le sommeil. Tout le monde le sait, le sommeil est indispensable à l'organisme. Médecins, journalistes, marchands de bonheur et publicitaires s'accordent tous pour dire que "la bonne nuit de 8 heures" ou "la sacro sainte sieste" sont aussi nécessaires à  notre petite personne que de manger ou de boire.

Régulièrement, un dossier "sommeil" fait la Unedes revues : des magazines parentaux qui expliquent pourquoi l'enfant doit dormir aux magazines pour personnes âgées qui vantent les mérites de la sieste postprandiale, en passant par la revue pour femme active qui nous persuade de bien dormir pour rester, le jour, une executive woman de renom, les media nous encouragent à nous "dorloter". Et tous les scientifiques de nous expliquer les bienfaits du sommeil :

- il permet d’évacuer tensions et fatigue
- il déclenche la sécrétion de l'hormone de croissance essentielle qui rend possible le renouvellement cellulaire, l'entretien des muscles, des tissus et des os.
- il stabilise notre équilibre mental par la régulation des rythmes biologiques de veille et de repos
- il nous ressource...


Bref, tout le monde le sait, avec un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité, le corps voit ses capacités physiques et intellectuelles diminuées. N'importe quelle mère de famille pourra témoigner du fait que son humeur et son efficacité diurne est bien mise à mal par les réveils nocturnes intempestifs ou par les nuits blanches pour cause de tétées - nez bouché - cauchemars - terreurs nocturnes - vomi - pipis au lit - sorcières dans le placard et un verre d'eau s'il te plaît!!!


Après la naissance de mon fils, j'ai sombré dans une grave dépression du post-partum qui faillit m'être fatale puisque, je l'ai déjà dit sur ce blog, elle me conduisit aux urgences psychiatriques après une tentative de suicide. Quelle était la cause principale de ma dépression? Le fait que mon petit garçon ne dormait que par phases de 15 minutes et pleurait le reste du temps sans cause physiologique déterminée. Le seul endroit où il ne pleurait pas c'était sur moi, ce qui explique que je l'ai porté en écharpe jusqu'à l'âge de trois ans et demi... Le manque de sommeil a provoqué chez moi une lente agonie : troubles de l'appétit, sentiment d'épuisement moral et physique, pertes de mémoire, troubles de la pensée et de la parole (inversion des mots, impossibilité de me rappeler le nom de choses simples...), paranoïa vis à vis de mes proches... bref, j'étais devenuee un zombie au sens propre et figuré.

Le manque de sommeil relève des méthodes de torture les plus simples et les plus ancestrales qui soient, longtemps utilisée sous les régimes Chilien et Soviétique dans les années 1940 à 1970. Si vous avez le temps (et le courage) de lire ces témoignages sur le site Human Rights Watch, défendre les droits de l'homme à travers le monde, vous comprendrez aisément à quel point le manque de sommeil, apparemment banal et simplissime, peut tuer un homme.

Alors une seule question me vient à l'esprit : pourquoi continuons-nous, de notre propre chef, à nous empêcher de dormir? Pourquoi nous infligeons-nous, seuls, cette torture latente?

Peut-être parce que, parallèlement à ce battage médiatique sur le sommeil, il existe une culture de l'activité et de l'efficacité qui enterrine tous les arguments en faveur du "bien dormir". Dans un monde qui fonctionne 24/24 h, est-il vraiment concevable d'autoriser les gens à "s'éteindre" vers 21 heures? Regardons autour de nous : les pompes à essence et vidéos-clubs sont accessibles la nuit par carte bancaire, les lumières de la ville et les magasins sont allumés toute la nuit, les hypermarchés ferment de plus en plus tard et organisent des "nocturnes" à des occasions comme Noël ou les soldes, les magasins virtuels sont accessibles à toute heure du jour et de la nuit par internet, la télévision et la radio émettent en continu, les transports urbains ont un service de nuit ainsi que les hotline, les usines ou les autoroutes... Avec les 3/8, la production des usines ne s'arrête jamais... Partout où l'on regarde, il y a toujours une infrastructure ou un morceau de ville en activité.

Dans un monde où l'on demande à un nourrisson de 15 jours de faire la différence entre le jour et la nuit, où l'on impose la sieste à l'école à des enfants dont on n'écoute toujours pas les besoins individuels, où l'on drogue les prisonniers et les personnes âgées dans les hospices pour qu'ils dorment un maximum, on prive paradoxalement l'essentiel de l'humanité de son besoin le plus élémentaire pour répondre à des cadences de productivité toujours plus importantes. Avouez qu'il y là une fois de plus un paradoxe évident et une faille écologique et humaniste.

Qu'inculque-t-on à nos enfants, aux futurs adultes? (on oublie toujours qu'un enfant va grandir...)

- que le sommeil c'est bon pour eux ("va te coucher", "dors maintenant!", "tu pleures, tu es sûrement fatigué"...) parce qu'après une bonne journée d'école et de jeux, il faut se ressourcer, et aussi parce que demain il y aura une autre bonne journée d'école et de jeux et qu'il faut la préparer mais surtout parce que c'est bon pour nous qu'il nous fiche la paix vu notre état de fatigue extrême après cette journée de merde au bureau...

- que nous, par contre, nous n'avons pas besoin de dormir et que les raisons sont nombreuses pour veiller, même si, à peine rentrés nous avons refusé une partie de Monopoly ou une balade à vélo, prétextant que nous étions "fatigués" par notre journée de travail. Mais nous, fabuleux robots du troisième millénaire, nous ne sommes pas comme ces petits êtres faibles que sont les enfants et nous n'avons pas besoin de nous reposer après notre
"bonne journée d'école et de jeux", nous préférons largement regarder la télévision ("ça détend"), lire jusqu'à plus d'heure ("ça instruit"), surfer sur internet ("ça amuse") ou faire les multiples tâches ménagères, repassage et consort ("ça ne peut pas attendre")

Bref, depuis toujours, il va de soi que, dans l'inconscient collectif, dormir c'est bon pour les jeunes enfants, les vieux et les malades. Un adulte vaillant, efficace et performant n'a pas besoin de sommeil.

J'ai toujours beaucoup dormi. Et j'ai toujours écouté mes besoins physiologiques, je veille peu, je m'accorde des siestes royales avec ou sans mes enfants et je suis capable de refuser une invitation à diner ou une sortie trop tardive pour m'accorder du repos quand je le ressens. De fait, j'ai souvent été pointée du doigt comme une "petite nature" voire une "fainéante".

Notre société a un vrai problème avec le sommeil. Pourtant, si nous acceptions d'aller dormir quand cela nous est nécessaire, si nous respections le rythme que notre corps essaie de nous imposer, nous pourrions éviter de nombreuses maladies, des dépressions, des sautes d'humeur et nous pourrions savourer l'existence avec plus d'entrain et de profondeur. Je suis ravie de voir que mes enfants n'ont jamais eu peur d'aller se coucher et qu'ils apprécient chacun de dormir comme ils aiment manger et jouer. En respectant leurs besoins naturels (très peu pour mon fils, énormément pour ma fille) j'espère leur avoir appris à se respecter et, de fait, à respecter la Nature.

Et je veux croire qu'en respectant notre fonctionnement interne, on puisse aussi accepter celui des autres. Accepter que les artisans aient le droit de dormir, que les magasins soient fermés après 19 heures, que tout ne puisse pas être accessible en fonction de nos caprices, que le repos est un droit pour tous. Dormir est aussi une bataille écologique pour un monde qui tournerait moins vite et permettrait à ses habitants de ne plus produire à contresens. Imaginez un peu l'économie d'énergie que représenteraient le fait d'éteindre les lumières de la ville, de cesser la production nocturne...

En attendant que le monde se remette à marcher droit, prenez soin de vous et de votre sommeil, pas pour toutes les belles raisons trouvées dans les magazines, mais simplement pour vous donner le droit de ne pas toujours être un actif.

Mais, à propos, pourquoi n'allez-vous pas vous coucher lorsque votre corps le réclame?

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jeudi 10 avril 2008

"Avantages" et inconvénients...

Allez, on ne va pas faire nos bêcheuses mais on voulait quand même vous dire que notre blog est à l'honneur dans le dossier écolo du magazine Avantages du mois de mai. Nous remercions Isabelle Soing, la très gentille journaliste qui nous a interviewées et le non moins gentil Luc Quelin dont nous avons particulièrement apprécié la patience et la tolérance face à nos petites personnes crispées et impressionnées (gourdasses en clair!)

Ce fut un moment amusant et moteur pour nos projets communs même si nous nous rendons bien compte qu'il est paradoxal de témoigner dans un journal au papier glacé qui utilise "la mode verte" pour éditer à grands tirages. En feuilletant le magazine, je n'ai pu que m'interroger devant le nombre de pages de publicité pour des cosmétiques au paraben, testés sur animaux ou pour des meubles en teck et autres voitures 4x4...

Les articles du fameux dossier vert m'ont laissée également pantoise : des gadgets tels le téléphone portable qui, une fois jeté dans la nature, laisse pousser la graine qui était plantée à l'intérieur au sextoy à l'énergie solaire, j'ai dû mal à m'y retrouver.

Bon, j'imagine que les lectrices du magazine ont pourtant appris que l'on pouvait utiliser des toilettes sèches ("Une litière comme mon chat", ça donne envie!) et consommer bio sans se ruiner. Si un des messages passe, on n'aura pas tout perdu... Cependant, à en regarder les statistiques de lecture de notre blog, qui n'ont pas subi de changement prodigieux, on peut supposer que les lectrices n'ont pas forcément poussé la réflexion plus loin que la page mode du magazine. Dommage...

Enfin, on aura toujours passé un bon moment, rencontré deux personnes charmantes et fait la fierté de nos mères! Elle n'est pas belle la vie?

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Coup de coeur pour La Maison Ecologique

Puisque nous en sommes à partager nos lectures, je voudrais vous présenter un magazine qui me réjouit à chaque numéro (c'est suffisamment rare pour m'avoir donné envie de m'abonner!), je veux parler de La Maison Ecologique. Ce magazine bimestriel, édité depuis 2 ans, apporte de réels éclairages sur les mises en oeuvre possibles de l'écologie chez soi. Les dossiers sont très complets, apportant des éléments de réponses clairs et précis à des questions sur lesquelles on a parfois bien du mal à trouver des pistes :

- comment mettre en oeuvre des toilettes sèches dans un immeuble?
- comment utiliser l'eau de pluie pour alimenter sa maison?
- où trouver des éco-villages ou des projets collectifs d'auto-construction?
- comment rénover écologiquement un pavillon des années 1970?

Bref, des réponses concrètes à des questions parfois délicates. Les tatillons trouveront tous les coefficients techniques et les études scientifiques détaillées sur les matériaux, les bricoleurs des plans de maisons et des détails très précis de pose et de mise en oeuvre, les angoissés du porte-monnaie apprécieront les données chiffrées (y compris dans le cas d'une construction de maison)

Très peu de publicités (et encore, très discrètes, sous forme d'encarts), ce qui est particulièrement appréciable, des articles fournis et variés qui mettent l'accent sur des solutions concrètes et réalistes, à la portée de tous : écolos de la première heure ou consommateur sensible qui souhaite s'initier sans aller vivre dans une hutte, bref un vrai coup de coeur!

Un magazine qui ressemble à un livre, à conserver dans son éco-bibliothèque pour se créer une petite encyclopédie des solutions éco-bio!

Vous pouvez aussi vous faire une idée sur leur site.


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vendredi 4 avril 2008

Partageons nos lectures

Me voilà obligée de créer une nouvelle catégorie fourre-tout pour cet article que je ne sais où ranger...
C'est pour mettre un peu d'ordre dans ce joyeux bazar. Ami lecteurs, lectrices, vous avez adoré un livre, vous êtes en train de lire un truc formidable, vous découvrez un nouveau journal... C'est ici que ça se passe. Alors, vu le thème du blog, vous êtes autorisé à rester dans les sujets les plus à même d'intéresser tout le monde... mais en même temps, comment savoir ce qui va intéresser le voisin ? Donc sentez-vous libres de partager ce qui vous tient à coeur, à charge à chacun de faire le tri pour lui même...
Bon, alors, forcément, je commence. Et je cite à nouveau "femmes qui courrent avec les loups" de Clarissa Pinkola Estès. Un livre à mettre entre les mains de toutes les femmes (mais ce n'est pas interdit aux hommes) qui veulent comprendre plus clairement ce qui leur arrive, ce qui se trame dans leurs profondes profondeurs...

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jeudi 20 mars 2008

Messages subliminaux à la maternité

Aujourd’hui, c'est l'anniversaire de mon fils. Il a cinq ans. A cette même heure, il y a cinq ans, il était tranquillement en train de dormir dans son berceau en plastique, dans la chambre de la maternité où j'avais accouché, et je n'osais pas le prendre dans mes bras. J'avais peur de le déranger, peur de le réveiller. Pourtant, je crevais d'envie de le tenir contre moi, de serrer dans mes bras ce petit être merveilleux que j'avais porté neuf mois et dont je découvrais le visage d'ange, les petites mains si douces et si potelées aux poings tout fermés... Je n'osais pas. Je n'ai pas osé pendant plusieurs heures, ou plusieurs jours, je ne sais plus. Bien sûr, je le prenais quand il pleurait, je l'allaitais, mais quand il se rendormait je le remettais vite dans son petit lit... Il m'a fallu longtemps avant d'oser, vraiment. Et j'ai mis plus longtemps encore avant de comprendre ce qui m'avait retenue, empêchée...

Quand il est né, et bien que je sois contre, on me l'a pris pour l'aspirer (il ne respirait pourtant pas si mal) pour l'habiller (je voulais le garder contre moi, on m'a affirmé qu'il aurait froid et je n'ai rien pu faire) et on me l'a rendu endormi, dans son berceau. Je pense que si on me l'avait mis, endormi, dans les bras, plutôt que dans le berceau, je n'aurais pas réagi de la même façon. Là, le message implicite qu'on me transmettait avec beaucoup de force et un impact très grand sur la jeune mère inexpérimentée que j'étais était le suivant : les enfants dorment dans leur lit. Point. Et moi qui suis une femme obéissante, j'ai intégré sans même m'en rendre compte cet ordre des choses... alors même qu'une partie de moi-même se révoltait en silence, étouffée par le « c'est comme ça et puis c'est tout ». Les enfants dorment dans leur lit, pas dans les bras de leur mère. Et surtout pas contre leur mère la nuit, les lits à la maternité sont tellement petits que les risques de chute sont assez importants ! Je me souviens qu'une nuit, il s'est endormi en tétant contre moi... Je me suis demandée si je n'allais pas me faire engueuler par une puéricultrice... Je n'avais pas du tout réfléchi à tout ça avant l'accouchement. J'avais beaucoup pensé à l'accouchement que je souhaitais, j'avais fait un projet de naissance, mais pour la suite, à part l'allaitement qui me semblait incontournable, je n'avais pas d'idées préconçues quant à ce que j'aurais envie de faire, ce qui serait bon pour le bébé... Du coup, sans que je m'en rende compte, je me suis plus ou moins soumise à ce que je croyais être les diktats de notre société et quand j'ai osé commencé à désobéir, cela a été dans la crainte de représailles, de remarques plus ou moins bienveillantes et désagréables... alors qu'après tout, le plus important n'est-il pas que la mère fasse se qu'elle sent bien pour elle-même et pour son  bébé ? Et le rôle de l'équipe médicale autour ne pourrait-il pas être de l'aider à trouver les solutions à l'intérieur d'elle-même et de l'encourager, de la soutenir pour qu'elle puisse être au plus près de ses sensations, émotion, le plus possible à l'écoute de son intuition ? D'autant que c'est un moment où l'intuition crie tellement elle est puissante (enfin, dans mon cas en tout cas) et que lutter contre à un moment aussi important avec des enjeux qui ont des effets aussi longs dans la relation entre un bébé et sa mère est tout simplement épuisant.

La deuxième chose induite par le passage à la maternité et la façon dont se passent les choses assez souvent c'est « vous ne pouvez pas vous débrouiller toute seule, laissez-moi faire ». Je n'ai changé la couche de mon petit garçon que le jour de mon départ de la maternité. Pourtant, j'aurais tout à fait pu être en capacité de le faire avant. On aurait pu me montrer, m'expliquer... Mais il fallait que je me repose... soi-disant. Tout cela fait douter la mère de ses capacités à se débrouiller toute seule. Néanmoins, on la met à la porte au bout de trois ou quatre jours, les lits coûtent cher et il y a la queue ! Il n'est pas si loin le temps (cela existe peut-être encore) où les bébés étaient mis à la nurserie la nuit (dans le vide, on ne vous entendra pas crier) et où les bébés étaient lavés par les sage-femmes...

Après un accouchement, la plupart des femmes ont une sensibilité à fleur de peau. Quelques paroles à la légère peuvent avoir un effet dévastateur. Or comment les personnels pourraient-ils être à l'écoute des mères avec les conditions de travail qui sont les leurs ? Eux aussi sont soumis au Dieu des Chiffres... Les bébés ne sont plus regardés, ils sont pesés, mesurés, étiquetés. Je me souviens comme si c'était hier du moment où on est venu m'agresser en me disant « il n'a pas pris assez de poids, on va lui donner un biberon de complément. » j'ai refusé, je me suis fait engueuler et de toute façon je n'allais pas avoir le choix, on allait m'envoyer le médecin... Jusqu'à ce que la femme se rende compte qu'elle n'avait pas le bon dossier dans les mains. Si elle avait seulement jeté un oeil à mon fils elle aurait vu qu'il n'avait besoin de rien ! De plus, j'ai appris par la suite que donner un biberon de complément est la meilleure façon pour faire rater un allaitement. C'est tout bénèf pour Nestlé et compagnie, tout ça ! Et tellement mieux pour le bébé ! Et même s'il avait vraiment fallu l'alimenter autrement (dans la plupart des cas, augmenter le nombre et la durée des tétées suffit, mais ça, elle ne me l'a pas proposé !), peut-être aurait-elle pu me l'expliquer calmement au lieu d'essayer de me faire peur en annonçant la venue du père fouettard sous les traits du médecin qui allait me faire marcher droit ! Et puis, a-t-elle pensé à l'effet que ça peut avoir sur une mère de s'entendre dire qu'elle ne nourrit pas bien son enfant ? Qu'elle est en train de le laisser mourir de faim ? (car c'est bien ça, non ?)   Bon, d'accord, je suis en train de parler d'un cas particulier. N'empêche, en 4 jours de maternité, j'ai rencontré plusieurs cas particuliers qui traduisaient tout de même une certaine philosophie générale...

Alors, entendons-nous bien, je ne suis pas en train, là, de critiquer gratuitement les sages-femmes ou les puéricultrices... pour ce que j'en ai vu, elles font leur boulot du mieux possible dans les conditions difficiles qui sont les leurs. Ce que je regrette, c'est qu'il n'y ait pas de réflexion (cela a peut-être aussi changé en 5 ans... pour la deuxième, j'ai accouché à la maison, j'avais été trop traumatisé par mon passage à la maternité) sur le pourquoi et le comment des pratiques... Comment accompagner une mère ? Ça se réfléchit un peu, sinon, on peut tomber dans l'assistanat ou pire... Sinon, on peut, sans s'en rendre compte, véhiculer des messages subliminaux très iatrogènes... et bousiller durablement la confiance d'une mère dans ses capacités à s'occuper de son enfant.

Voilà, je suis désolée, je me suis un peu énervée toute seule devant mon ordinateur, je ne pensais pas être encore aussi en colère 5 ans après... et pourtant, je n'ai pas tout raconté ! Bonne journée à vous quand même...

Posté par Aspen à 10:26 - Questions d'éducation - Commentaires [137] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 12 mars 2008

Pensées en vrac

Beaucoup d'idées en vrac en ce moment... Je vous fais un petit florilège, sans souci d'organisation, vous voudrez bien m'en excuser, mais à force de vouloir écrire des articles parfaits je n'en écris plus du tout, du coup, tant pis, ce soir, c'est du « comme ça vient »... Allons-y :

J'ai découvert récemment Noam Chomsky. On m'a prêté un de ses livres, c'est passionnant et tout à fait ravigotant. Enfin quelqu'un qui dit ce qu'il pense... et qui a pensé avant de parler ! Le bouquin s'intitule « deux heures de lucidité » et traite, entre autre, de la propagande faite par les capitalistes pour le capitalisme, des centres du pouvoir, de la « démocratie », des médias, etc. Tout ce à quoi je pense depuis plusieurs années, les choses que j'essayais de théoriser, les pensées éparses que j'essayais de systématiser... il le fait avec concision et simplicité.  Un livre à lire, d'urgence.

On parle beaucoup, sur ce blog, de consommation et de simplicité volontaire. J'ai avancé l'idée que moins consommer c'était reprendre du pouvoir sur sa vie, en tout cas, c'est comme ça que je le vois. Chomsky démontre, documents à l'appui, que des industriels et des hommes d'affaire, depuis la fin des années 30 puis surtout depuis l'après deuxième guerre, ont réfléchi à des méthodes et des mesures qui amèneraient les gens à « s'attacher aux « choses superficielles de la vie, tels les objets de consommation à la mode » oubliant les idées dangereuses de compassion, de solidarité, de souci d'autrui et, d'une façon plus générale, les valeurs humaines. »  (Je ne sais pas de qui est la citation à l'intérieur de la citation.) Voilà qui est joliment résumé. Il explique que les masses doivent être tenues dans une relative ignorance et que le travail des « élites » consiste à faire perdurer le système. Les gens au pouvoir n'ont pas du tout intérêt à ce que les gens se mettent à penser par eux-mêmes. Les médias participent de cette perpétuation de l'ignorance. On informant sur des broutilles (les frasques de Sarkozy, plutôt que les lois liberticides qui passent en douce, par exemple), en ne relayant pas les combats de la « base », en noyant le poisson... Cela m'est déjà arrivé plusieurs fois de participer à des manifestations importantes (en nombre et en raison d'être) qui n'étaient absolument pas couvertes par les médias. Pensez-vous, les gens pourraient se rendre compte qu'ils ne sont pas les seuls à lutter, ils pourraient reprendre espoir et se avoir l'idée de se battre à leur tour !

Et puisqu'on parle d'information, il faut quand même que je vous informe sur les nouveaux programmes, à l'heure actuelle « soumis à consultation » (c'est à dire qu'on va pouvoir dire qu'on n'est pas d'accord, mais on ne sait pas si quelqu'un nous lira, et encore moins si on tiendra le moindre compte de notre avis...) dans les écoles. Je ne les ai pas encore lus dans leur totalité, c'est assez indigeste et surtout, ça me flingue le moral. Déjà que je me demandais si j'allais survivre à l'école... Juste quelques petits extraits pour vous donner une idée. Ce matin, nous avons épluché les programmes de sport. Auparavant, il était question d'apprendre à coopérer, de mener des actions, de jouer... Maintenant, le terme de coopération disparaît des intitulés des CE2 CM1 CM2.  Par contre, lors d'un combat de lutte, l'objectif, c'est écrit noir sur blanc consiste à « mettre à terre » son adversaire. En jeux de raquettes il faut « marquer des points ». Vous me direz, c'est l'objectif de ces sports, en « vrai ». Oui, mais à l'école, ce n'est pas ça qu'il faudrait enseigner aux enfants; La loi de la jungle et les plus forts qui dominent les autres, il n'y a pas besoin d'instits pour l'enseigner, ça vient assez facilement ! Par contre, la coopération, l'attention aux autres, l'entraide... J'ai fait de la lutte il y a trois ans avec des CM, c'était génial. Ils découvraient leurs forces, il apprenaient à respecter leur corps et celui de l'autre tout en allant au contact, ils apprenaient à observer les autres, à chercher des tactiques... Nous ne mettions absolument pas l'accent sur le fait de gagner ou de perdre...

En mathématique, pour le cycle 2 (GS, CP, CE1) il n'est plus question d'apprendre à réfléchir et à comprendre les maths, comme on essaie de le faire actuellement. L'accent est mis sur les techniques opératoires qu'il faut maîtriser très très tôt (addition, soustraction, multiplication en fin de CE1... pour l'instant, on commence la multiplication en CE2 et on l'exige en fin de CM1). Nous ferons de vos enfants de bons consommateurs et de bons travailleurs. D'autant que nous allons revenir à la morale d'antan, leur apprendre à se lever dès qu'un adulte rentre dans la classe (oui, c'est écrit dans les programmes) dès qu'ils entendent la Marseillaise, et à vouvoyer leur enseignant. Un peu de respect, que diable. Voilà pour mon début de lecture. Ah oui, et j'ai survolé la colonne « arts visuels » et pour le peu que j'en ai vu, on va devoir enseigner aux enfants l'histoire de l'art -ce qui n'est pas inintéressant en soi – au détriment de la pratique artistique...

C'est bizarre, non ? On va apprendre qu'il y a des objets de valeur (le cristal de Venise est au futur nouveau programme, je ne sais même pas trop ce que c'est moi-même) et qu'on peut les acheter, et donc qu'il faut de l'argent, au lieu de découvrir sa créativité, de s'enrichir, de se libérer... Je pense que quelqu'un qui écrit, qui peint, qui chante, qui danse... qui a une pratique artistique ou manuelle, quelque qu'elle soit et même si elle est irrégulière, est beaucoup moins manipulable que quelqu'un qui n'en a pas.  C'est une pensée que je ne peux pas prouver, je n'ai rien lu qui confirme ou infirme ça, c'est simplement une intuition. L'art permet de sortir des chemins balisés. L'art permet de se rapproprier qui l'on est. L'art libère, il desserre l'étau, il donne confiance en soi, il solidifie notre sentiment d'existence. L'art nourrit, bien plus que la consommation, pour en revenir à notre  point de départ. Peindre un tableau, c'est entrer en soi, c'est pour un instant s'autosuffire... Or, tout le monde a des capacités créatrices. Tout le monde a besoin de les exprimer... et très peu le font.

D'abord parce qu'on fait de l'art quelque chose d'intouchable, de réservé à ceux qui savent... Écrire de la poésie, c'est bon pour les poètes. Peindre, c'est réservé aux peintres, etc. De plus, de toute façon tous les artistes crèvent la dalle et en plus, ce n'est pas un métier sérieux... et ce n'est pas non plus une activité sérieuse. Ce n'est pas responsable. Pour pouvoir créer, il faut pouvoir retrouver l'enfant en soi, et lui donner une place. S'amuser avec des couleurs, avec des mots, sans objectif de rentabilité, juste pour se faire plaisir, dans une société où tout le monde semble trimer et souffrir, c'est très culpabilisant. Et pourtant...

Bref... Je vous encourage à créer... N'importe quoi. Enfiler trois perles pour faire un collier pour une amie. Mettre ensemble quelques fleurs pour un bouquet. Inventer un gâteau avec des ingrédients improbables. Raconter une histoire aux enfants. Si vous ne savez pas quoi, qui, quand, dites les premiers mots qui vous passent par la tête puis laissez l'histoire se dérouler, comme elle vient. Ça vient, au bout d'un moment. Repeindre l'armoire de la salle de bain. Colorier un mandala... N'importe quoi qui vous fasse du bien, n'importe quoi qui vous donne le sentiment que vous êtes vous, et pas n'importe qui, que votre vie a de la valeur et que vous pouvez faire quelque chose, que vous n'êtes pas dépendant du « système » à 100%. Il n'y a pas besoin d'argent pour créer. Pour écrire un poème, il faut un crayon et une feuille. Pour danser, il faut un corps. Pour chanter... Bref, vous pouvez...

Voilà, c'est fini mon vrac pour ce soir. J'espère que c'était quand même compréhensible...?

Posté par Aspen à 22:22 - Simplicité volontaire - Commentaires [50] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 25 février 2008

La définition impossible de la Simplicité Volontaire

Anne de Blog bio, m'a récemment demandé de donner ma définition de la Simplicité Volontaire. J'ai aussi souvent lu dans les commentaires qu'il était étrange (ridicule?) de se prendre la tête sur des questions de simplicité et que beaucoup de gens font de la SV sans le savoir comme Monsieur Jourdain de la prose.

Je crois que tout cela n'a au fond pas beaucoup d'importance et que mettre un nom sur cette philosophie/façon de vivre/dogme/principe... correspond surtout à notre volonté systématique de classifier les choses et de tout bien ranger dans des catégories. Je n'ai aucune définition à donner de la Simplicité Volontaire et je crois que le mot tout comme le concept me fatigue sérieusement s'il n'est que prétexte à phosphorer sans agir. Je laisse aux sociologues et autres observateurs de la nature humaine le loisir de dresser le portrait robot du simpliste volontaire et de jauger si tel ou tel en mérite le nom. La catégorisation ne m'a jamais intéressée.

Bien sûr qu'il existe des tas de gens simples, qui n'ont aucunement besoin de se sentir appartenir à un nouveau groupe à la mode. Bien sûr qu'il existe des milliers d'individus qui vivent en harmonie avec leur quotidien et leur environnement (à petite et à grande échelle) sans porter le drapeau ECOLO en bandoulière. Les écolos existaient bien avant le terme qui les identifie et je me fiche bien finalement de savoir quel journaliste ou découvreur de phénomène sociologique a pu donner aux gens simples le nom de "décroissants" ou de "simplistes volontaires"

J'ai utilisé ce mot car il me permettait de parler rapidement de ce que je ressentais depuis longtemps : faire le vide en moi et autour de moi pour ne garder que l'essentiel. Ce qui me plait dans le mot "SV" ce n'est pas tant l'idée de simplicité que le second mot : VOLONTAIRE. Et c'est là peut-être que je fais une différence avec les gens juste SIMPLES. Car le second mot montre bien à quel point il s'agit d'un engagement, d'une décision, d'une volonté et d'un effort alors que les gens simplement simples le vivent naturellement...

La simplicité volontaire n'est pas faite pour les gens simples, elle n'a pas de sens pour eux. On ne donne pas une bouée à quelqu'un qui sait nager.

La SV n'est un concept intéressant que pour les gens compliqués dans mon genre, ceux pour qui choisir entre la consommation de masse et l'éthiquement correct ne va pas de soi, ceux qui ont besoin de s'épancher sur un blog et d'écrire un article de 6 000 signes pour savoir s'il est préférable d'acheter un poireau bio importé ou son homologue local bourré de pesticides. Les gens simples tranchent avec justesse, choisissent avec lucidité, découvrent avec spontanéïté, jouissent sans culpabilité et font ce qui leur paraît le plus raisonnable.

Les gens compliqués et névrosés comme moi se retiennent d'acheter leur paquet de gâteaux favoris parce qu'il est bourré d'OGM et ne se sentent même pas satisfait de leur sacrifice, se disent qu'ils partiraient bien en vacances à l'autre bout du monde tout en faisant attention à leurs dépenses d'énergie, ont besoin de lire des livres de spécialistes pour comprendre comment le monde tourne ou pour croire en Dieu, dissèquent leurs pensées, leurs actes, leurs achats et ont besoin d'un dogme de plus pour se rendre la vie plus simple.

Voilà ce qu'est pour moi ce mot de SV ou plutôt ce qu'il est en train de devenir : un nouveau dogme. Et une nouvelle prison. Alors je me fous bien de savoir si j'appartiens vraiment ou non à cette catégorie, je me fous bien de savoir si j'en suis "adepte" et je n'ai surtout pas envie d'en exposer les lois ou les principes comme Moïse les dix commandements.

Oui je cherche une vie plus simple, oui pour moi le désencombrement est réellement une première phase vers cette liberté qu'est la simplicité car si futile et superficiel qu'il paraisse, il me permet de comprendre quelles sont les valeurs auxquels je tiens réellement, il m'aide à mesurer ce que je veux retenir et montrer de moi, il est un premier pas vers plus de liberté matérielle, financière et spirituelle. Il est bien loin d'être une technique supplémentaire d'organisation de la maison ou de ménage que seules des executive women peuvent adopter entre les tableaux de planification des repas et l'agenda cloisonné.

Vider les placards puis virer les placards eux-mêmes. Constater que les pièces sont presque vides sans les placards. Vendre la grande maison vide, presque deux fois plus cher qu'on l'avait achetée suite aux travaux et aux améliorations que l'on a faits, racheter cash une maison deux fois plus petite mais assez grande pour loger sa famille et le peu de meubles qui restent, se rendre compte qu'on économise maintenant les 900 euros que l'on donnait pour rembourser le crédit immobilier de la grande maison vide, s'autoriser enfin à travailler à mi-temps et écrire, ou prendre une année sabbatique pour voyager avec les économies dégagées, VOILA à quoi en ce moment, la "technique" ridicule du désencombrement est en train de me mener. A la réalisation de mes rêves de jeunesse, à la pleine possession de moi, à la liberté de faire correspondre mes convictions et le monde réel dans lequel je vagabonde, à une vie plus simple car plus centrée sur l'essentiel : les miens, MOI, la vie, le rien...

Jeter ses casseroles peut faire sourire. Mais aucune casserole ne vous consolera jamais de la perte d'un proche, aucun meuble ne vous fera passer votre plus folle et plus belle nuit d'amour, aucun téléphone portable ne suivra votre cercueil au cimetière, aucune télévision dernier cri ne vous dira jamais "je t'aime" ni ne vous demandera si vous aimez les fleurs... Les objets éloignent des gens mais seuls les gens comptent car seuls les gens font le monde et la vie que vous aimez tant. Combien de temps passez-vous à vous occuper de vos objets, à les laver, à les ranger, à les classer, à les acheter, à les revendre, à les collectionner, à les réparer? Et combien de temps consacrez-vous réellement à vos proches, à vous-même?

Combien d'argent dépensez-vous pour ces objets en achat mais aussi en assurance, en entretien? Combien de temps pourriez-vous vivre sans travailler avec tout cet argent? Pourriez-vous enfin ouvrir votre "propre affaire"? Pourriez-vous reprendre vos études? Elever vos enfants? Voyager? Ne rien faire?

Voilà ce qu'est pour moi le désencombrement et la Simplicité Volontaire puisqu'il faut lui donner un nom : un rendez-vous avec la vie. Mais seulement avec la mienne (je ne peux pas parler et décider pour vous)

 

Volontaire évoque aussi très bien pour moi l'idée qu'on est seul face à cette notion de simplicité et que ce qui est simple pour certains peut s'avérer compliqué pour d'autres. J'ai beaucoup aimé un récent commentaire de Tom qui se demandait si l'on devait sacrifier les livres sur l'autel de la SV. Effectivement, si la SV se transforme en sacerdoce, en carême permanent, alors elle n'a pas rempli son objectif. La SV ne doit pas nous compliquer la vie! Un moment, j'avais résolu le problème de l'encombrement des vêtements par une garde robe minimaliste : 7 tenues, une pour chaque jour de la semaine, on peut difficilement faire plus simple. Sauf que n'étant pas très régulière dans mes lessives, il était rare que mes 7 tenues soient propres pour la semaine suivante ou alors les vêtements qui allaient ensemble n'étaient pas propres en même temps, de sorte qu'au bout d'un moment, m'habiller devint un vrai casse-tête! Je m'étais bien compliqué la vie!

 

Lorsque je parle de désencombrement, chacun ne peut juger que ce qui est bon pour lui. Ce n'est pas tant le nombre d'objets qui compte que la valeur qu'on leur donne, ce qui me semble important c'est de s'entourer de choses qui nous ressourcent, que l'on trouve belles. Avec ma fille, nous collectionnons les fèves, avouez qu'il y a plus simple non? Mais pourtant, j'aime cette collection et je ne souhaite pas m'en débarrasser, j'aime les moments que je prends avec ma fille pour regarder nos fèves, pour dénicher la pièce manquante dans les vide-greniers, pour les classer par série puis les remettre en vrac dans le grand panier pour mieux recommencer une prochaine fois... Par contre, j'étouffe devant ce bureau imposant ou cette table de chevet inutile...pour moi.

 

Non la SV ne doit surtout pas diriger notre vie, ni devenir une loi de plus qui nous priverait du sel de la vie. Au contraire, elle doit nous amener à plus de profondeur et de réalité. Et surtout, à plus de vérité sur nous-mêmes.

Et moi, j'aime les vêtements et les fèves!

Posté par cherry plum à 23:57 - Simplicité volontaire - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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